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 Il faut être toujours ivre → Euridyce C. Harraps.

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Cézanne E. Fitzgerald

→ MOOD. : Neutre.
→ NOMBRE DE BLABLAS : : 31
→ A PRIS GOÛT A LA VIE LE : : 02/05/2012
→ LOCALISATION : Jerrytown.
MessageSujet: Il faut être toujours ivre → Euridyce C. Harraps.   Sam 12 Mai - 20:04


Il faut être toujours ivre


« J'ai toujours apprécié les jeux de carte. Dans ma jeunesse, l'heure qui précédait le tea time était consacrée aux jeux. Mes parents ne s'y employaient guère, alors j'incitais les domestiques à y participer. Aux premiers temps, ils se montraient quelques peu réticents, prétextant une affaire urgente à régler. Or j'étais un petit garçon fort opiniâtre, et je ne me laissais jamais prendre au dépourvu. Au fur et à mesure, mes loisirs devinrent très populaires. Il fallait « jouer avec le jeune monsieur ». L'été, nous nous installions dans le grand parc, abrités par les hauts arbres. Je sens encore la chaleur des rayons du soleil sur ma peau. Les ombres des rares nuages, si lointains. Aveuglé par tant de clarté, je ferme les yeux. Enchanté, des cris me parviennent, les domestiques s'amusent. J'entends leurs éclats de rire, et je suis ravi. Je me fonds en eux, ils sont mes amis, ma famille. Ils m'accompagnent chaque jour, me grondent lorsque je passe de trop Josephine Baker, et m'abritent dans les cuisines. Puis vers quatre heures, quand la chaleur est trop pesante, quand la sueur perle à nos fronts, nous nous baignons dans le lac situé à quelques miles du domaine. Je plonge avec délice et l'eau fraîche me procure un bien fou. Faisant l'étoile, mon regard se perd dans les feuillages verdoyants. Un ciel sylvestre, dis-je dans un soupir. Une brise furtive soulève une ou deux mèches de ma chevelure. C'est exquis. Les ombres des feuilles m'apparaissent comme milles visages. Et je puis dériver en toute quiétude. Mes bras écartés au dessus de ma tête, mes doigts flottent. De longues phalanges, fines, mais aussi puissantes. Afin de capturer l'essence, l'éclat de ce rayon, la nuance de ce vert. Je suis, pantelant, à la recherche de la métaphore absolue. Il me faut tout saisir, je le crois. Je lutte avec la nature, car je peux point copier. Mais interpréter. La ligne du dessin, comme le prolongement de celle de mon cœur.
« Il faut être toujours ivre. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules, il faut s’enivrer sans trêve. De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous! ». Je me perds dans le passé. Et cette réalité présente? Une réalité, vraiment... Des lumières qui m'attendent au loin, scintillantes, clignotantes, enfin fières. Mais elles n'éclairent pas, elles aveuglent. Une confusion qui égare les moins avertis. Des illuminés. Eh bien, par quoi donc? Le doux tintement des pièces, elles aussi, ruisselantes, d'un jaune si attrayant. L'illusion qui fait payer. Las Vegas. Oui, je me rends dans ce haut lieu de débauches, de vices, de passions orgueilleuses... Un musée l'est tout autant. Cependant, je jouis de cet incomparable privilège, que je peux à ma guise être moi-même et autrui. Ainsi, fi de toutes les convenances, et Las Vegas n'est pas un lieux si terrible quand on sait comment s'y promener. Je ris légèrement de tous les artifices qui entourent la célèbre ville. Elvis, casinos, mariages. Un seul de ces trois m'intéresse. En effet, je participe au tournoi international de poker. Oui, j'aime les jeux de carte, non pas pour l'argent ou la renommée, simplement pour me vivifier un peu l'esprit. Les tactiques, les stratégies... A mon grand désespoir, les échecs me laissent perplexe, et avec d'immenses lacunes. Néanmoins, cartes en main, je suis le plus futé des renards. Du moins, ai-je la vanité de le penser.
C'est pourquoi, il y a quelques jours de cela, j'ai téléphoné à Euridyce. Euridyce... Une frêle silhouette, un corps fin, svelte, et un visage fort captivant. Un plaisir pour les yeux, un délice pour l'artiste. Je ne sais, cette fille, cette femme dégage une aura particulière. Une sorte de provocation fragile, comme une lumière voilée. Je ne suis guère plus intime que cela avec elle, cependant je sens que nos caractères, peut-être antagoniques, sont propices à une entente. J'ai toujours pensé qu'elle était attirée par Theodore. Ou Anatole. Moi? Dieu, non. Ce n'est pas par humilité, mais le dandy nonchalant, dépassé, à la parole poétique? Moi, je l'aime bien. Ai-je eu du désir envers elle? Certainement, elle est énigmatique, et sa voix charme. Ses yeux, surtout. De l'éclat d'ébène, magnifiquement poli, puissant. Je lui parle avec courtoisie, mais sans épanchements. Son regard est troublant, le mien aussi. Un échange à contre sens.
Sur la route 66, en moto. Les rues de Las Vegas défilent, jusqu'à l'hôtel. De haute renommée, certes. Il ne faut pas faire les choses à moitié. Je me dirige vers l'accueil, donne mon nom, prend ma clef. Attendant l'ascenseur, je me demande si Euridyce est arrivée. »
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Euridyce C. Harraps

→ MOOD. : I fell good tatatalalalalanaaaaan ♥
→ NOMBRE DE BLABLAS : : 9
→ A PRIS GOÛT A LA VIE LE : : 06/05/2012
MessageSujet: Re: Il faut être toujours ivre → Euridyce C. Harraps.   Sam 12 Mai - 23:06

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Euridyce & Cezanne
Vegas, 14h. On m'appelle. Je ne me souvient pas très bien qui sont ces gens s'affairant autour de moi. La plus maigre des filles ajuste une robe, outrageante tellement elle est décolleté, sur ma compagne de publicité. Biyel, une belle fille aux formes pulpeuses et au visage chaleureux. Tout mon contraire. Je la regarde remettre ses seins dans son soutien gorge. C'est vraiment affligeant. Du combien porte-t-elle ? Du 95D ? Peut-être même du E, qu'en sais-je. Moi et mon éternel petit bonnet A. Soutien gorge est un mot qui ne fait pas partie de mon vocabulaire.
- Biyel, approche toi d'Andy.
Andy, voilà le nom que l'imbécile de photographe me donne. Ce petit hypocrite critiquant ses collègues n'est même pas capable de se souvenir du nom de ses modèles.
Je suis en tenue d'homme, qui il paraît souligne fortement mes traits androgyne. Je sais que je n'ai pas vraiment un physique féminin de base, mais je sais que plait. Que j'attire. J'intrigue même. Beaucoup.
- Voilà, posez plus en retrait l'une de l'autre.
Le shooting dure. On prend la pose, on se change, on joue devant l'objectif. Tout ça pour quoi ? Pour se voir figurer sur une page du premier magazine à la mode et récolter quelques billets verts ? Oui, c'est sans doute ce qui motive la pulpeuse blonde aux yeux vert qui m'accompagne, minaudant avec les stylistes. De la notoriété, j'en ai eu, des billets verts, j'en ai des tas. Mon précédant mariage m'ayant fait veuve, j'ai hérité. Un désastre pour une aussi jeune femme que moi, parait-il. Ce sont ce que les journaux se sont plut à dire, sans venir me concerter. Qu'aurai-je dis de plus de toute manière. Que j'avais poussé mon mari de la plateforme pour garder son argent ? Non, certainement pas. Alors autant jouer l'amoureuse éplorée.
- Adieu !
Finit. Dès la semaine prochaine, mon corps vêtu d'un jean de motard et d'un blouson en cuir ornera les couverture de « Biz » et mon compte en banque se verrai renfloué de 8000$. Encore de l'argent. Comme si j'en avais pas assez. La seule raison qui m'a poussé à faire ses photos c'est parce que le mannequina est une des choses que je fais le mieux, avec faire l'amour, parler de cul et manger des nouilles. Si je ne rentre pas à Jerrytown tout de suite, pour fuir cette ville de débauche que j'affectionne tout de même au fond de moi, c'est parce qu'on m'a donnée rendez-vous. Un rendez-vous particulier, autour d'une table de Poker. Je dois être à 18h devant le plus bling-bling des hotel de la ville. Là bas va se dérouler une compétition amateur, on m'y a inscrite comme ça, pour le fun. Où voyez-vous du fun à jouer de l'argent ? Moi je n'en vois pas, moi qui ai passé mon enfance dans la pauvreté. Je sais jouir de simple choses. Enfin, je savais.

La limousine s'arrête. Le soleil est toujours haut dans le ciel, je sens que la soirée va être longue. Je dois retrouver Cezanne ce soir. Un homme légèrement plus âgé que moi mais foutrement sexy. Plus d'une femme a dû passer dans son lit, j'en suis certaine. Plus d'un homme aussi. Je sais qu'il a un penchant bisexuel.
Comme moi.
J'arrive au comptoir, je donne mon nom, on me donne ma clé. Une petite carte magnétique. Je suis en avance, j'ai le temps de monter me refaire une beauté. Le week-end va être court, certainement couronné d'une nuit blanche. Tant que je fais pas de black-out, c'est bon. J'aime être maitre de mes fait et geste.
Un trait de lyner, un peu de gloss. J'enlève mon soutien gorge pour être plus à l'aise. Dans l'ascenseur, je m'observe. J'ai maigris. Mes pommettes sont encore plus saillante qu'à la normale. Un sourire discret s'étire sur mon visage. On devine mon piercing sous mon fin débardeur de mousseline noire. Histoire d'être classe, je porte une mini-jupe, en cuir. Mon portable, ma clé et le reste des mes objets vitaux tiennent sans problème dans la pochette que j'ai à la main. Les portes s'ouvrent.
Je le vois, il m'attend.
- Salut Cezanne.
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